Musique : Meiway magnifie le Cameroun

Envie de passer vos vacances au Cameroun ou de visiter ce pays dit « Afrique en miniature » ? Pas besoin de sites web dédiés au tourisme. L’artiste pluridimensionnel, Meiway, se propose d’être votre guide. Dans son dernier titre intitulé « Tu dis que quoi », extrait de son album « Légende », l’auteur, compositeur et interprète ivoirien magnifie, une fois de plus, le patrimoine culturel du pays des Lions indomptables et invite les uns et les autres à la préservation de l’unité nationale. 

« Cameroun, l’Afrique en miniature ». Le voyage en décibels s’annonce dès les premières notes. Tourné en deux jours dans les régions du Littoral et de l’Ouest Cameroun, ce clip réalisé par Alpha et Omega Prod est une sorte de carte postale que le « roi du zoblazo » partage avec ses millions de followers. Meiway renouvelle ainsi son amour pour le Cameroun, après « Bami Power » produit en 2013. En un peu plus de cinq minutes, il clame son amour à ce pays d’où est originaire « la femme de sa vie ». Dans le texte, il y va en langues nationales camerounaises (Bamileke et Mendumba notamment) et ivoiriennes. Ceci, paré dans le clip des tenues traditionnelles des quatre aires culturelles du pays. On le retrouve donc en « gandoura » du Septentrion en train de « chasser les bœufs », en « sandja » du Littoral sur les berges du Nkam, en « ndop », se déhanchant dans les Hauts-plateaux de l’Ouest et en « toghu » du Nord-Ouest.  

Bien plus, « Le 13e apôtre » exalte les sites touristiques du pays dans cette chanson qui a fait bien des heureux depuis sa sortie en mars dernier. On y (re)découvre les chutes de la Métché, situées à une dizaine de kilomètres de l’aéroport de Bafoussam. Comment ne pas mentionner les châteaux de l’Ouest qui ont servi de décors à certaines scènes du vidéogramme de « Tu dis que quoi ». 

Parlant même du titre, l’auteur de « Ma folie » s’est inspiré d’une réplique populaire utilisée par les jeunes.  La superstar fait également une fleur à ces derniers et à leur argot, en reprenant des expressions utilisées au quotidien. A savoir : « Je wanda !», « 5 F ne cherche pas son frère ! », « Tu ndem !», « On va faire comment !» et « Cay wallaye ! ». Le prix spécial canal d’or 2017 y célèbre aussi les vedettes de la culture et du sport. Notamment, Roger Milla, Samuel Eto’o, Rigobert Song, Jean-Pierre Saah, André Marie Tala, Kouchouam Mbada, Nkotti François et Kola Sucré. 

Dans une sonorité entrainante composée de magambeu et de benskin, l’« ambassadeur de fait du Cameroun » met également en vitrine les mets du terroir. Notamment, le « ndolè », le « kondrè de chèvre », le « mbongo tchobi », le “Achu”, et le « eru ». Le tout accompagné d’un « bon matango ». Une chanson qui arrive donc à point nommé, en ces temps où certains esprits malveillants essaient de faire feu de tout bois pour mettre à mal l’unité nationale du Cameroun.

Cinéma d’animation : pas à pas avec Claye Edou

Comme un autoportrait de son réalisateur Claye Edou, le film d’animation à succès « Minga et la cuillère cassée » avait donné le profil d’un jeune homme épris de son patrimoine national. La culture locale y est vantée par des chants, des danses, des proverbes, des contes… Un tourisme visuel, auquel se sont livrés avec admiration les jeunes cinéphiles camerounais et ceux d’autres nationalités (le film inspiré d’un conte de Charles Binam Bikoï, récompensé dans plusieurs festivals, a été vu dans plus de 50 pays dans le monde). C’est donc sans surprise qu’on découvre le « père » de Minga dans la peau d’un pédagogue à la tête de la web-émission « Au Mboa de Tonton Claye Edou ». Ce mini-programme éducatif d’un peu plus de quatre minutes par épisode, est une occasion pour les petits et les grands, de réviser leurs connaissances autour des traditions, des langues maternelles et de différents autres éléments identitaires du territoire national, avec de temps en temps une traversée des frontières vers d’autres régions d’Afrique. 

Dans son architecture, l’émission est simple, capable d’épouser la capacité de réflexion de tous. D’ailleurs, même les plus petits ont leur place dans cette interactivité, où l’internaute peut échanger avec le présentateur, Claye Edou en personne depuis son bureau du studio d’animation Cledley Productions à Douala, grâce aux rubriques : la Question ordinaire, la Question insolite. Dans cette dernière, les enfants en servent de belles. « Où étais-je avant de naître ? », demande par exemple un gamin de 7 ans. De quoi injecter un peu d’humour dans une ambiance déjà bien gaie… Point essentiel du programme pour capter un peu plus l’attention de la cible, chaque numéro est co-hosted par un des personnages tirés de l’imaginaire du jeune réalisateur, donnant l’impression de naviguer entre réalité et fiction. Minga, Prince Lobe, entre autres, interviennent pour dévoiler le sujet de la première séquence : le Mboa Thème. La dot en Afrique, les contes autour du feu, le ndop royal, l’arbre à palabre, figurent parmi les articulations abordées jusque-là par cette web-émission hebdomadaire, diffusée pour la première fois le 6 mars 2020. 

D’après Claye Edou, « l’objectif ultime est de contribuer à édifier les nouvelles générations sur l’incroyable richesse culturelle africaine tout en induisant un dialogue entre petits et grands. Cela permet de favoriser leur éveil, de véhiculer des valeurs qui ont tendance à se perdre, sans toutefois vouloir nous substituer aux parents qui restent les garants de l’éducation de leurs enfants. » Tous les dimanches, une nouvelle idée autour de l’art, les sciences et techniques, etc., est à partager sur la chaîne YouTube de Cledley Productions.

Livre : le secret de la vie simple

Comment vivre dans la simplicité et dans le bonheur ? Sophie Françoise Bapambe Yap Libock, auteure du roman « La porteuse de sable », a une théorie. Pour elle, il n’y a pas 36 façons d’apprécier les bienfaits du quotidien, que de se contenter de ce que l’on a. Dans son œuvre, elle va plus loin, et mise sur la carte de l’amour comme cette recette miracle qu’elle laisse découvrir par chacun des lecteurs qui aura la curiosité de s’épancher sur les 154 pages. Vivre pleinement, mais en toute sobriété. C’est ce à quoi les deux amoureux tiraillés par l’intrigue. Ils ont, semble-t-il, percer le secret d’une existence sans écueils. Avant, ils doivent gravir des sommets rugueux. C’est que le clivage est grand dans cette relation. Merveille Edjakè est porteuse de sable, Gaby Dibobè est fils d’une riche famille d’entrepreneurs. Famille qui emploie Merveille… Ils se rencontrent sur une plage à Kribi, où la jeune femme exerce sa tâche sans rechigner, avec un sourire que son prétendant remarque tout de suite. Il est gagné par la modestie de celle qu’il a sous ses yeux. 

On pourrait être tenté de se dire qu’on est encore face à un de ces romans peignant l’impossible amour entre une pauvresse et un noble, si on peut exagérer ainsi. Les classes sociales et autres préjugés qu’elles transportent font, une fois de plus leur nid dans ce récit. Seulement, l’association se verra, contre toute attente, plus bénéfique qu’ils ne le pensaient au départ à l’un comme à l’autre. Le bien-être, ils le trouvent dans une poignée de main, un échange de regards tendres, un éclat de rire volé au coucher du soleil. 

Le roman de Sophie Françoise Bapambe Yap Libock publié cette année aux Editions Afredit veut aller au-delà de l’idylle entre Gaby et Merveille, en même temps qu’il impose une véritable recherche de plénitude, que l’argent seul ne peut apporter. Pour emmener son travail, l’auteure a visiblement choisi le positivisme absolu, en se risquant à tuer le suspense. Personne ne veut lire un conte de fées, où tout se passe sans méchantes sorcières maléfiques, et où tout, absolument tout, réussit aux protagonistes. Certes il y a bien cette querelleuse d’Annabelle, ancienne amante de Gaby pour jouer les trouble-fêtes, mais c’est avec désespoir que les amateurs de sensations fortes vont traquer le rebondissement. Même si elle ne plaît pas à tous, l’auteure semble assumer sa thérapie : « La vie est simple. Vivons là avec honnêteté ».

Développement de l’industrie cinématographique : le Cameroun à l’école de Nollywood

Fermeture des salles de cinéma, insuffisance de soutien des pouvoirs publics, absence des réseaux de distribution de films. Les lampions du cinéma camerounais sont presque éteints alors que le pays regorge de nombreux potentiels pour décoller et séduire le monde. Notamment de belles histoires, de talentueux comédiens, des sites naturels qui peuvent servir de décors pour les films et une population estimée à plus de 22 millions d’habitants qui pourrait constituer les premiers consommateurs des productions locales. C’est fort de ce constat que l’acteur, réalisateur, producteur et scénariste camerounais Blaise Ntedju, plus connu comme Blaise Option, son nom d’artiste, a décidé de copier l’exemple du Nigeria en lançant le mouvement « Challenge Nollywood ». Pour lui, si le Nigeria a pu conquérir le monde et se hisser comme deuxième puissance cinématographique en termes de films produits par an (environ 2500 films), c’est parce que les cinéastes de ce pays limitrophe du Cameroun se sont d’abord concentrés sur la production de masse afin de satisfaire la demande locale et d’exporter leurs films par la suite. 

Il est question pour les cinéastes camerounais de miser sur la quantité avant de penser à la qualité. Car, Nollywood se caractérise par la production d’innombrables films à tout petit budget, tournés dans de brefs délais à l’aide de caméras numériques, produits au format vidéo ou DVD et vendus directement aux consommateurs. « J’ai décidé de produire 12 films en un an à travers le Challenge Nollywood. C’est une façon d’interpeller les cinéastes et de les amener à comprendre que le cinéma est un business », a indiqué le réalisateur du long métrage à succès « Miranda ». Avant d’ajouter que l’autre objectif, c’est de « réduire le taux de consommation des télénovelas dont les histoires n’ont rien à voir avec le contexte camerounais ». « Mon sang » et « Le karma de la Tchiza », les deux premiers films issus du « Challenge Nollywood » ont été dévoilés dernièrement aux cinéphiles de Douala et de Yaoundé, au cours de soirées courues. Ce qui a galvanisé Blaise Option à poursuivre sur sa lancée. Au-delà des canaux traditionnels de diffusion de films, il se sert également de la Toile pour faire connaître ses œuvres à un maximum de personnes. Il est plus que jamais confiant.

Gospel : Denise M ose le métissage

Il n’y a aucun mal à louer Dieu en s’amusant un peu. D’ailleurs, pour l’artiste Denise M, le culte va de pair avec la joie. Pour preuve, son single « Eding », sorti en novembre 2019, mise en bouche d’un album à venir, est un voyage mouvementé entre afro-beat nigérian et makossa camerounais, le tout dans un mélange cordial porté par des paroles de chant gospel. 

De son vrai nom Meva’a M’assae Denise, l’artiste est née le 24 janvier 1986, et n’hésite pas à donner un peu de sa personne pour dévoiler son travail. « Eding » (amour dans son bulu natal), est la conséquence d’une relation amoureuse. Et comme cette histoire d’amour, la chanson est emprunte de sonorités à la fois douces et rythmées. 

Et pourquoi rendre tout cela en forme de gospel et donc mêler Dieu à toute cette affaire ? « Il faut que l’amour retrouve toute sa valeur, son sens d’origine selon Dieu qui est lui-même amour », affirme Denise M. L’artiste prévoit, quand la situation le permettra, une tournée gospel, notamment dans les églises pour un premier temps, où selon elle, « le langage gospel se parle le mieux ». Par la suite, elle envisage un album riche, fleuri de rythmes locaux comme le bikutsi, le bendskin, le makossa, entre autres. 

Jusqu’ici, l’artiste s’est contentée de donner des prestations dans des églises et des soirées de mariages. Denise M travaille également pour la Radio Charis FM 95.3 à Yaoundé. Quand elle ne travaille pas, elle se livre à son passe-temps favori : la musique. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle a toujours aimé chanter. En 2006, elle a monté un projet de huit titres, mais il n’a pas vu le jour. Malgré cela, la jeune artiste gospel ne se renferme pas sur elle, et continue de vivre son rêve au sein de chorales, et autres cérémonies. Denise M et son équipe travaillent d’arrache-pied pour la promotion du single « Eding », à découvrir sur la plateforme YouTube.

Web-série « Elle et lui » : petite introspection du couple

Prenez l’humour de Valery Ndongo et la verve de Blanche Bana. Saupoudrez le tout d’une bonne dose de mégas Internet, et d’un travail d’équipe avec à la réalisation Rostand Wandja et au scénario Ervy Ken Patoudem. Et vous obtenez la web-série « Elle et Lui ». Si on a été transporté par le thème féministe abordé au cours du premier épisode diffusé le 4 avril dernier via la plateforme YouTube (les violences perpétrées contre les femmes étant paradoxalement emmenées avec le rire mais de manière franche et sincère), on souhaite ce zeste d’audace et de piquant afin que la recette prenne et que le mets cuise à point. Le nouveau-né de la Toile a donc fait son entrée par un premier épisode de 15 minutes. Dès le début, le ton est donné : « Elle et Lui » sera un programme engagé. 

Bien que le sujet des femmes battues ou maltraitées n’est jamais essoré à fond, il faudrait cependant faire attention à ne pas verser dans le déjà-vu, et forcer la plaisanterie sur des questions de haute sensibilité. Pas de jugement hâtif. On en était qu’aux prémices de la web-série. Il nous tarde déjà de découvrir le contenu de la totalité des 12 épisodes de cette saison numéro 1, et d’observer comment au fil de ceux-ci, la collaboration entre Ndongo et Bana va évoluer. Car ce duo surprenant propose un croisement entre les planches et le grand écran, même si depuis quelque temps, Valery Ndongo se paye des apparitions sur petit écran notamment avec un rôle principal dans la série « Our Wishes » de Jean-Pierre Bekolo. « J’ai beaucoup d’admiration pour Valery Ndongo et mon envie de travailler avec lui date de très longtemps. En plus d’avoir une forte personnalité, il est doté d’un talent inné. Lorsqu’il a accepté cette proposition de rôle, j’étais satisfaite, parce qu’on on ne pouvait pas espérer mieux », a reconnu Blanche Bana.

Pour l’essentiel, « Elle et lui » c’est l’incursion dans le quotidien de Lorette et Moudio, couple formée par la doublette de comédiens, ici dans la peau d’une infirmière et d’un professeur d’éducation physique. Les relations amoureuses, leurs parties visibles (bonheur absolu) et leurs réalités cachées (disputes et autres tragédies) vont tapisser les murs de la série. Un second couple que composent les acteurs Djibril Angel et Thérèse Ngono, donnent la réplique en personnages secondaires, question de créer de la diversité au sein de ces foyers pas comme les autres. « La série propose une réflexion profonde et juste sur les rapports entre les hommes et les femmes au 21e siècle », prévient Blanche Bana, actrice et promotrice de BMJ Productions, la structure derrière cette « Elle et Lui ». Un nouvel épisode de la web-série est à voir tous les samedis, à 15h sur YouTube.

Livre : aux origines de l’Etat camerounais

Par ces temps d’effervescence politique, l’ouvrage de l’Agrégé d’histoire du droit, Blaise Alfred Ngando intervient à point nommé. Ce n’est certainement pas parce que tous les Camerounais ne connaissent pas suffisamment « le berceau de nos ancêtres ». Mais tout simplement parce que le Cameroun mérite d’être mieux connu, compris et apprécié. L’auteur en est parfaitement conscient.

C’est à dessein qu’il insiste en deux parties et cinq chapitres, sur l’ancrage historico-anthropologique de l’Etat et du droit au Cameroun. Dans un cas, il conduit le lecteur à s’intéresser à l’histoire du droit du Cameroun « dans l’aire du droit traditionnel africain ». Il aborde notamment l’Etat du Cameroun dans l’esprit du droit traditionnel africain à travers les spécificités du droit traditionnel africain, à savoir le caractère paysan, la particularité communautaire, le volet inégalitaire, la marque sacrée et l’aspect oral. Ce virtuose de l’histoire du droit estime que la coutume est la source créatrice du droit traditionnel africain. De même, la législation, la jurisprudence et la doctrine sont des  sources déclaratives du droit traditionnel africain. Dans l’autre cas, le professeur Ngando présente le Cameroun  dans le sillage de l’Etat et du droit occidental. Il évoque les prémices du droit et de la justice occidentale sur la côte camerounaise avant l’ère coloniale (1472-1884), les fondations juridiques de l’Etat camerounais sous le régime colonial allemand (1884-1914) ainsi que l’influence coloniale franco-britannique et la gestation du bijuridisme étatique (1916-1961). 

Dès lors, il s’agit « d’extérioriser les sources du droit par rapport à l’Etat, d’admettre que l’Etat souverain est concurrencé en tant que puissance normative dans une société camerounaise plurielle du fait de sa diversité anthropologique et de son ouverture au monde depuis au moins la période coloniale », pour reprendre la formule du professeur Ngando. Le professeur Catherine Lecomte, doyen honoraire de l’Université Versailles Saint-Quentin, observe dans l’avant-propos, que « Le droit reconnu, posé, le droit coutumier, sont les vigiles et les témoins de la formation de l’Etat et de la Nation ». Dans sa préface, le professeur Paul-Gérard Pougoue, doyen honoraire de la Faculté de droit et des sciences économiques de l’ancienne Université de Yaoundé, relève « la part considérable du présent ouvrage qui, en scrutant méticuleusement la genèse de l’Etat et du droit au Cameroun, laisse entrevoir les pistes à explorer si l’on ne veut pas que la nation en construction s’effondre prématurément. »

Sans aucun doute, cette contribution scientifique se situe dans le prolongement des autres publications de cet écrivain parmi lesquelles « La présence française au Cameroun 1916-1959 : colonialisme ou mission civilisatrice ». Laquelle a été honorée du prix Luc Durand-Réville décerné en 2009 par l’Académie des Sciences d’Outre-Mer de Paris.

Prix Découvertes Goethe 2020 : les lauréats sont connus

L’Institut Goethe du Cameroun a récemment dévoilé les résultats du concours « Goethe Découverte » pour la saison 2020. Cette plateforme vise à dénicher de jeunes talents camerounais dans différents domaines artistiques. Six artistes ont ainsi été retenus par le jury de sélection. Il s’agit de : Jang Afanyuh Gehnjang (Théâtre), Eya’a Souga Dominik Logan (Musique-son), Ekouoh Thierry (Danse et performance), Danielle Simo Kaping (Paroles sur scène) et Arnold Fokam (Arts visuels).

« Our Wishes » : Back To The Past

Au centre de l’intrigue de « Our Wishes », série aux fortes senteurs du passé précolonial, trois personnages ambitieux, intrépides et déterminés, mais pas avec les mêmes intentions. King Bell, Manga Ndoumbe et Edward Schmidt (Jean Marc Cedot). Ce dernier est un jeune Allemand mandaté par la compagnie Woerman pour convaincre les chefs (peu importe les moyens) de signer le traité d’annexion et faire du Cameroons-River une propriété allemande. S’il faut faire court, King Bell (Ekedi Smart Charles) est pour, et son fils Manga Ndoumbe (Valery Ndongo), frais émoulu de brillantes Universités en Angleterre, est contre. Il devra s’opposer à l’appétit mal mesuré des chefs Douala face aux commerçants allemands, qui négocient les clauses du traité devant transformer cet espace qu’on appelle aujourd’hui Cameroun, en un territoire allemand nommé Kamerun. Tout ceci à la veille de la conférence de Berlin en 1884, laquelle répartira l’Afrique entre différents pays européens. 

« Our Wishes » c’est donc ce document, qui comme son nom l’indique, est constitué des souhaits soumis par les chefs Douala aux Allemands. Un document tombé aux oubliettes. Mais dans cette série signée du réalisateur camerounais Jean-Pierre Bekolo, vient ressusciter cette partie de l’histoire, qui mènera finalement au Kamerun. Comment retranscrire ces batailles fournies de mesquineries dans un décor qui rend fidèlement ou presque toutes les circonstances précoloniales ? « En général, nous avons fait des choix de mise en scène permettant de rendre digeste une histoire complexe avec de nombreux personnages. Nous avons opté pour la théâtralisation d’une part parce qu’elle permet d’utiliser une forme populaire et grand public permettant de mettre dans la bouche de monsieur et madame tout le monde des choses dont ne parlent que les historiens », répond le réalisateur Jean-Pierre Bekolo, dans sa note d’intention. 

Pour voir comment le travail de mémoire mené par l’équipe de « Our Wishes » a donné vie à ce scenario de Karin Gertrud Oyono, Augustine Moukodi, et Jean-Pierre Bekolo, il suffit de se brancher tous les soirs de ces deux premières semaines du mois d’avril sur TV5 Monde. La saison 1 est à découvrir le dimanche 5, lundi 6, mardi 7, mercredi 8, jeudi 9, dimanche 12, lundi 13, mardi 14, mercredi 15, jeudi 16 à 19h04, rediffusion le lendemain à 8h43.

Soul Music : Bill Withers s’en va

Il est l’un des chanteurs les plus repris par les générations qui lui ont succédé. Bill Withers. Le nom ne dit peut-être rien au premier abord, mais une fois quelques bijoux de sa discographie dévoilés, la mémoire vous reviendra sans doute. L’auteur-compositeur américain de talent est derrière les tubes planétaires « Lean On Me », « Ain’t No Sunshine », « Just The Two of Us », « Use Me », « Just As I Am » … On peut en citer des dizaines d’autres, devenus de parfaits hymnes pour plusieurs artistes dans le monde. Bill Withers, véritable âme de la soul mondiale, s’en est allé le 30 mars dernier, succombant à l’âge de 81 ans à une faiblesse cardiaque. Son héritage musical lui survivra encore pendant de nombreuses décennies.