Le MRC et Maurice Kamto crie à la manipulation

Qui veut piéger le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun ? C’est la question que l’on peut se poser après la mise en circulation d’une déclaration de ce parti pour mettre en garde les autorités contre tout soupçon de destabilisation de la nation.

De quoi est-il question ? La déclaration ci-bas l’explique à satiété.

DECLARATION / MISE EN GARDE SOLENNELLE CONTRE DE NOUVELLES PROVOCATIONS DU REGIME

Depuis son lancement en 2012, notre parti, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), est l’objet de toutes sortes de provocations et d’attaques récurrentes de la part du régime en place au Cameroun. Déjà courantes avant 2018, ces attaques, fondées sur des montages grossiers, se sont intensifiées après le scrutin présidentiel historique d’octobre 2018.

Outre les arrestations arbitraires, la torture systématique, tant physique que morale, de nos militants et sympathisants, leur détention illégale devenue une prise en otage politique, le MRC fait face à toutes sortes d’attaques criminelles orchestrées par le pouvoir. Parmi ces attaques figurent en bonne place les fausses accusations, notamment celles relatives aux achats d’armes pour déstabiliser le pays.

Souvenez-vous que pour mettre en application son projet criminel et antipatriotique visant à m’empêcher de venir en aide, à travers l’initiative humanitaire Survie Cameroon Survival Initiative (SCSI), aux populations abandonnées à elles elles-mêmes alors que la Covid-19 faisait rage, le pouvoir avait répandu et soutenu sans vergogne que l’argent collecté pour ce programme était destiné à l’achat des armes pour le compte du MRC. De nombreux représentants du pouvoir aussi bien dans certains médias traditionnels que sur les réseaux sociaux avaient abondamment relayé ce mensonge d’État.

Que l’on se souvienne aussi qu’une initiative de certains activistes camerounais réunis en Allemagne en 2019 et exprimant ouvertement leur soutien aux sécessionnistes ont été imputées au MRC par le régime.

L’opinion doit savoir que depuis plus de deux ans, un dossier qui porterait sur l’achat d’armes via internet est pendant devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Dans ce dossier, le pouvoir tente de faire avouer à des personnes qu’elles auraient été en contact avec le MRC pour une prétendue opération d’achat d’armes. En revanche, alors même que nous avions dûment informé l’appareil sécuritaire de l’Etat de ce que des individus identifiés et remis entre les mains des services de sécurité compétents nous avaient contacté dans le but de nous associer à une prise du pouvoir par les armes au lendemain de l’élection présidentielle d’octobre 2018, non seulement cette initiative antirépublicaine et antipatriotique n’a jamais été rendue publique par le pouvoir, mais les individus en question n’ont jamais été jugés et condamnés, à ma connaissance ! C’est donc un terrible traquenard qui nous avait été tendu. Bien qu’on n’y soit pas tombé, grâce à nos convictions républicaines viscérales et notre attachement profond au changement dans la paix et par les urnes, le pouvoir ne s’est pas découragé. Il poursuit son dessein maléfique de persuader les Camerounais et le monde que nous voulons prendre le pouvoir par violence ou par les armes. Il n’y arrivera jamais, parce que nous aimons notre pays et sommes profondément démocrates.

En effet, plusieurs fois, des citoyens ont été forcés, en vain, malgré la torture atroce dans divers services de police et de gendarmerie, de déclarer qu’elles sont mêlées à de telles affaires d’achat d’armes alléguées en lien avec le MRC et moi-même.


C’est dans le même but obsessionnel que circule actuellement une vidéo dans laquelle un individu s’exprimant en langue fulfulde, prétend avoir été contacté par les  » gens de KAMTO » pour acquérir des armes via la RCA afin de déstabiliser la partie septentrionale de notre pays, à partir de Garoua Boulaï pour remonter à Meiganga et continuer à Ngaoundéré, Garoua et Maroua

(voir la vidéo [https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4821154594562342&id=100000035479707] et la transcription ci-jointe des propos qui y sont tenus).

Ayant échoué dans son plan de pousser le MRC à la clandestinité, comme le pouvoir colonial le fit à l’UPC dans les années 1950, et dans son entreprise visant à briser la formidable détermination de la Résistance Nationale, le cabinet noir mis en place au sein de l’appareil étatique ne se résigne pas.

Aussi, je voudrais condamner avec la plus grande fermeté ces pratiques d’un autre âge qui ressemblent à de la voyoucratie, pratique indigne de notre pays. Je mets en garde solennellement celui où ceux qui, souhaitant être dans les bonnes grâces du pouvoir en place tentent maladroitement de rééditer des opérations conduites par le passé sur d’autres cibles avec l’échec que l’on connaît.

Je demande formellement que le triste personnage qui, en se mettant en scène dans la vidéo en question, s’est prêté à ce jeu à la fois burlesque et sinistre orchestré par le pouvoir, soit arrêté immédiatement et traduit en justice.
24 septembre 2021

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Transcription des propos de l’auteur de la vidéo en fulfulde


« En vérité, il y a des gens qui veulent déstabiliser le Cameroun, et le Grand Nord en particulier. Ils sont passés par moi pour faire entrer des armes depuis la RCA et par Bamenda. Et qu’on fasse entrer des rebelles aussi depuis la RCA et par Bamenda pour se rejoindre et former une base armée à Garoua-Boulaï. [Leurs premières actions] consistaient à détruire les bureaux des Douanes, la Sous-préfecture et la Mairie de Garoua-Boulaï ; puis ils mèneraient des attaques visant à détruire les villes de Meiganga, Ngaoundéré, Maroua et Garoua. Mais je leur ai dit que je ne voulais pas m’associer à leur projet. Ce ne sont guère des gens extraordinaires, par Dieu, ce sont les gens de Maurice Kamto, ce sont eux qui ont voulu s’associer à moi pour qu’on fasse entrer les armes et les rebelles à Garoua-Boulaï depuis la RCA et depuis Bamenda pour en faire une base (des opérations) dans le but de déstabiliser le Grand-Nord.

Par Dieu, c’est cela leur projet. Ce que je dis a été confirmé et consolidé par le Gouvernement camerounais. Car on a intercepté du matériel [militaire ?] destiné à être utilisé pour déstabiliser Garoua-Boulaï, Meiganga et les cités qui sont au-delà. Je jure par Dieu, ce ne sera pas avec mon concours. C’est pour cette raison que j’ai arrêté ce combat, non pas pour avoir reçu de l’argent, par Dieu. J’ai arrêté ce combat parce que j’ai compris le projet des gens de Maurice Kamto visant à déstabiliser le Cameroun et le Grand-Nord [particulièrement] là où même nous nous battons pour avoir des routes, de l’électricité, de l’eau et des infrastructures… alors qu’on me demande à moi de participer à un projet de destruction de nos acquis ? Par Dieu ce ne sera jamais avec moi. Je suis pleinement sensé. Jamais je ne m’associerai à des individus pour détruire le Cameroun, jamais je ne le ferai.

Je ne m’associerai jamais à des gens qui veulent détruire le Grand-Nord que je défends des années durant. Jamais je ne m’associerai à des gens pour venir détruire les bureaux des Douanes, la Sous-préfecture, les services du Gouverneur, les bureaux des Douanes de Ngaoundéré, de Garoua et de Maroua ; par Dieu je ne le ferai pas. Les gens de Maurice Kamto, ce sont eux les impies [vils méchants], je le jure par Dieu. Je pensais que c’était Paul Biya le méchant, c’est ce qu’ils m’ont mis dans la tête, alors ce sont eux les vrais impies.

Les dégâts qu’ils veulent qu’on s’associe pour en orchestrer, jamais Paul Biya n’en a fait autant. Je ne me suis jamais rendu compte que Paul Biya était un grand président ; c’est seulement ces jours que j’ai su qu’il est un grand homme, un homme béni. Il est entrain de nourrir de grands projets pour le Cameroun. Demandez-vous pourquoi les Français ne veulent plus de Paul Biya maintenant ? Pourquoi ils échafaudent des plans pour déposer Paul Biya ? Parce que lorsque les accords que [les Français] avaient signé avec le Cameroun dans le but de dilapider nos richesses sont arrivés à échéance, Paul Biya a refusé de renouveler [ces accords].

Paul Biya a décidé de ne plus signer de contrats avec les Blancs. C’est pour cela que les Français ont pactisé avec Maurice Kamto pour déstabiliser le Cameroun. Et ils ont voulu passer par des gens comme moi pour détruire le Grand-Nord. Auparavant, ils me demandaient de faire des vidéos pour qu’aux élections suivantes, Biya ne soit plus réélu ; c’est ce que j’avais cru. Mais maintenant, ils ont changé de projet, me demandant de participer à la destruction du Grand-Nord. Si je laisse faire, Dieu ne me laissera pas. Ce que je vous dis là a été vérifié, et les hauts responsables [de ce pays] le savent. Si vous ne le savez pas, les hauts responsables le savent. Je remercie Dieu de m’avoir permis à moi de déjouer les plans des gens de Maurice Kamto destinés à détruire le Grand-Nord.

Je t’en suis reconnaissant mon Seigneur. Rien ne passera jamais par moi, je le jure. Je remercie tous ceux qui me soutiennent dans ce combat. Mais on a arrêté le combat [initial] ; que ceux qui aiment le Cameroun et le Grand-Nord soutiennent Paul Biya. Que celui qui aime le Cameroun et la paix dans le pays et au Grand-Nord soutienne Paul Biya. Parce que Paul Biya a des projets pour construire le Grand-Nord et le Cameroun en général.

Et parce que Paul Biya a refusé de renouveler les accords jadis signés avec les Français, ces derniers font alors tout pour chasser Paul Biya du pouvoir et pour qu’ils installent leur base [militaire ?] au Cameroun afin de détruire le Grand-Nord. Je jure que ce ne sera jamais avec ma participation.

« Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous nous retournons » (verset coranique) : j’ai fait une grave erreur en m’associant avec des gens aussi abjects qui sont les Bamileke, dans le but de détruire le Grand-Nord ; mais je ne savais pas, et je le jure, que c’était cela leur projet… et si je l’avais su, jamais je n’aurais accepté. Mais je vous conjure, Paul Biya et le gouvernement, de me pardonner, car je ne savais pas. J’ai commis une erreur et jamais je ne commettrai de comparable jusqu’à ma mort. J’avais vraiment une compréhension erronée de Paul Biya. Alors qu’il n’est pas ainsi. Je demande à Paul Biya de me pardonner, par la grâce de Dieu et du Prophète, aussi au gouvernement et à l’ensemble des ministres que j’ai calomniés, pardonnez-moi car je ne savais pas que c’est vous les vrais patriotes dans ce pays. Et à partir d’aujourd’hui, je soutiens fermement Paul Biya et le RDPC. Quelles que soient les circonstances, je les soutiendrai, je le jure. Si Dieu Tout-puissant le veut bien. Parce que Paul Biya nous aime, et j’en ai eu confirmation, il nous aime, je le jure par Dieu. »

Louis Paul Motazé évacué en Suisse pour traitement

Le ministre camerounais des finances a quitté le Cameroun très tôt jeudi. Selon les informations de nos confrères, il a été évacué en Suisse des suites de complications du COVID-19. Il avait auparavant été hospitalisé à l’Hôpital central de Yaoundé et placé sous assistance respiratoire. Il aurait dû quitter mardi dernier, mais suite à des raisons non rendues publiques, l’évacuation a été retardée.

Une première évacuation, autorisée par Paul Biya, dont il est le neveu, avait été envisagée le 7 septembre, mais elle a ensuite été reprogrammée », renseigne notre confrère.

Conseil constitutionnel : des recours jugés irrecevables

Denis Emilien Atangana, le président du Front des Démocrates Camerounais, avait déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel concernant la situation juridique de dix-huit directeurs généraux d’entreprises et établissements publics et parapublics qui continuent à exercer leur métier longtemps après avoir été frappés par la limite d’âge.

Denis Émilien Atangana, demande au président Paul Biya de limoger 18 DG et DGA d’entreprises publiques dont les mandats de 9 ans ont largement expiré.

Selon la loi du 12 juillet 2017, notamment son article 70, alinéa 3, le mandat d’un directeur général ou son adjoint à la tête d’une entité publique est de trois ans renouvelables deux fois. Soit un maximum de neuf ans.

« Les actes pris par les DG au-delà de ce mandat de 9 ans, sont nuls et de nul effet », précise l’alinéa 4 du texte.

18 DG hors-la-loi

Le requérant liste 18 partons hors-la-loi. Parmi ceux-ci figurent Mouthe A Bidias à la tête du Fonds national de l’emploi (FNE) depuis 1990. Soit 31 ans.

Ou encore, Adolphe Moudiki nommé en 1993 à la tête de la Société nationale des hydrocarbures (SNH).

Le culte de la répression

Très peu de gestionnaires de la chose publique au Cameroun envisagent de démissionner malgré l’expiration de leur mandats dans un pays où quitter son poste équivaut à un crime de lèse-majesté.

Selon une opinion largement répandue qui tourne en dérision ce mode de gouvernance, seul le président Biya a le droit de limoger.

Il existe toutefois quelques exceptions. 

En mars 2019, le Pr Viviane Ondoua Biwolé avait écrit aux autorités pour leur rappeler qu’elle quitterait ses fonctions de DGA de l’Institut supérieur de management public (ISMP), en juin 2019 comme le stipule la loi.

 Le rappel de ces dispositions légales n’avait pas été du goût du pouvoir. Elle avait été débarquée après ce rappel.

Le 10 juillet 2019, Jean-Pierre Kedi  directeur général (DG) de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel), avait lui-même saisi sa hiérarchie, le ministre de l’Eau et de l’énergie (Minee), pour signaler l’expiration de son mandat à la tête de l’institution publique. 

Mis sous pression, le président Biya avait été obligé de le remplacer à la tête de l’institution publique.

 

Mais l’institution a jugé que ce recours est irrecevable. Il en est de même du recours portant sollicitation de l’arbitrage du Conseil constitutionnel sur le recadrage de la politique d’implémentation du processus de décentralisation au Cameroun. Vincent Engoulou Voundi, au nom de l’association Décentralisation Action Vie, espérait une issue autre.  

Le Conseil constitutionnel a jugé irrecevables ces deux recours au cours d’une audience qui aura duré environ trente minutes. Le motif invoqué par le Conseil constitutionnel est le défaut de qualité des deux requérants. Le Conseil s’appuie à cet effet sur les dispositions de la Loi fondamentale, notamment en son article 47, alinéa 2. La Constitution stipule en effet que « le Conseil constitutionnel est saisi par le président de la République, le président de l’Assemblée nationale, le président du Sénat, un tiers des députés ou un tiers des sénateurs. [Par ailleurs,] les présidents des exécutifs régionaux peuvent saisir le Conseil Constitutionnel lorsque les intérêts de leur région sont en cause ».

Les deux requérants n’ont donc pas le profil pour solliciter l’illustre court.