Yaoundé accueille, depuis le 23 février, une session de travail destinée aux membres de la Commission nationale consultative sur le gel administratif (CNCGA). Cet atelier, qui bénéficie de l’expertise du Fonds monétaire international (FMI), vise à renforcer les capacités de cette structure récente. Son objectif est de la rendre pleinement opérationnelle dans la mise en œuvre des sanctions financières ciblées contre le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Une réponse directe à une non-conformité du GAFI
Cette initiative est une réponse directe à une évaluation du Groupe d’action financière (GAFI). L’institution internationale avait en effet jugé le Cameroun « non conforme » à sa Recommandation n°6, qui traite spécifiquement de ces sanctions ciblées. La critique principale portait sur l’absence d’un mécanisme opérationnel pour les appliquer. « De manière générale, il était reproché à notre pays de ne pas disposer d’un mécanisme opérationnel de mise en œuvre de ces sanctions », a expliqué Benoît Placide Mevoa, président de la CNCGA.
Un plan d’action pour sortir de la « liste grise »
Pour corriger cette faiblesse et d’autres identifiées, le Cameroun a élaboré un plan d’action concerté avec le GAFI. L’enjeu est de taille : permettre au pays de sortir de la « liste grise » de l’organisation, qui recense les juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée. L’action recommandée par les experts est claire : « démontrer la mise en œuvre efficace du régime des sanctions financières ciblant le financement du terrorisme et de la prolifération ».
Selon le président de la CNCGA, des avancées significatives ont déjà été enregistrées pour construire ce dispositif. Il a cité notamment l’adoption, en décembre 2024, d’un nouveau règlement par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) via son organe spécialisé, le GABAC. Ce texte détermine le régime de mise en œuvre des sanctions financières ciblées dans l’espace communautaire. Par ailleurs, une plateforme de diffusion des listes de personnes sanctionnées par les Nations Unies a été mise en place. L’atelier en cours vise à parachever cet édifice en formant les acteurs nationaux à son utilisation effective.

