Quatre individus, interpellés par la société des télécommunications Camtel et placés au secret à la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE), ont été libérés sous caution après plus de vingt jours de détention. Leur libération fait suite à une série d’actions judiciaires et de pressions de la société civile. L’enquête sur les circonstances de leur interpellation et sur des questions de monopole dans le secteur des télécommunications se poursuit.
Camtel, société de télécommunications qui arrête et détient?
Le 8 mars 2026, quatre personnes ont été interpellées par des agents de la société publique Camtel. Elles ont ensuite été placées au secret à la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE), une unité des services de renseignement. Leur avocat, Me Menkem Sother, a qualifié cette interpellation et cette détention d’« illégales » et d’« arbitraires ». Dans un communiqué, il a dénoncé le fait que les responsables de Camtel se seraient « érigés en officier de police judiciaire » pour procéder à ces interpellations, en associant indûment la DGRE sans justification légale apparente.
Face à cette situation, plusieurs actions ont été entreprises pour obtenir la libération des détenus. Des avis de disparition forcée avec mise en demeure ont été émis. Des organisations de défense des droits de l’Homme ainsi que la société civile ont été saisies de l’affaire. Une conférence de presse a également été organisée le 13 mars 2026 pour alerter l’opinion publique. Cette même nuit, les quatre personnes ont été transférées du secret de la DGRE vers le Service Central de Recherches Judiciaires (SCRJ), où une enquête judiciaire a été officiellement ouverte.
L’intervention du parquet et la libération sous caution
Le Parquet près le Tribunal de Première Instance de Yaoundé Centre Administratif a été saisi de l’affaire. Il a procédé à la vérification de l’authenticité des agréments attribués par le régulateur et le gouvernement à la société Direct Exchange Ltd, pour laquelle travaillaient apparemment les personnes interpellées. Après ces vérifications et plus de vingt jours de garde à vue, le parquet a ordonné la libération sous caution des quatre individus. Aucune infraction n’a été formellement établie contre eux à ce stade.
Bien que les personnes aient été libérées, la procédure judiciaire n’est pas close. Le parquet a instruit une confrontation entre les sociétés Camtel, l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), et les entreprises mises en cause. Cette confrontation doit porter sur « l’éventuel monopole de CAMTEL en la matière ». L’avocat a par ailleurs fustigé les agissements de Camtel, les estimant en violation du décret de 2020 réorganisant l’ART. L’affaire reste donc pendante devant la justice, et les suites des procédures seront communiquées ultérieurement.

