Selon des organisations de défense des droits humains, le conflit militaire ouvert entre les États-Unis, Israël et l’Iran a fait plusieurs centaines de victimes civiles depuis son déclenchement le week-end dernier. Les autorités iraniennes imposent par ailleurs des restrictions sévères de mouvement dans plusieurs villes.
Un bilan contradictoire mais lourd en vies civiles
Le conflit armé entre les États-Unis, Israël et l’Iran, engagé le week-end dernier, entraîne un bilan humain significatif et encore difficile à établir avec précision. Selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, basée en Norvège, au moins 1 500 personnes avaient déjà perdu la vie au troisième jour des hostilités. Ce chiffre inclurait environ 200 civils et 1 300 membres des forces iraniennes. De son côté, la Société du Croissant-Rouge de la République islamique d’Iran a fait état d’au moins 555 morts sur l’ensemble du territoire. Les organisations s’inquiètent d’une augmentation du nombre de victimes non-combattantes.
Une frappe sur une école au cœur des préoccupations
La province d’Hormozgan, dans le sud de l’Iran, serait particulièrement touchée par les pertes civiles. Le bilan le plus élevé y a été enregistré après une frappe de missile sur une école primaire pour filles à Minab ce week-end. Cet incident aurait coûté la vie à plus de 150 personnes, dont des enfants, selon le rapport de Hengaw. Cette frappe illustre les risques pesant sur la population face aux bombardements conjoints américano-israéliens signalés dans plusieurs villes iraniennes.
Des restrictions sévères et des communications perturbées
Face à la situation, les autorités iraniennes ont mis en place des mesures restrictives. Dans la ville de Sanandaj, capitale de la province du Kurdistan iranien, des habitants ont reçu sur leurs téléphones des messages émanant de l’organisation de renseignement des Gardiens de la révolution (IRGC). Ces messages avertissent que toute présence ou mouvement dans les rues serait considéré comme une « coopération directe avec l’ennemi », une mesure présentée comme destinée à prévenir des « actions terroristes et des troubles dans les rues ». Des résidents d’autres villes auraient également reçu des alertes similaires, selon des témoignages recueillis par le *Guardian* et des rapports du média en exil IranWire.
Un sentiment d’impuissance et de danger parmi les civils
L’accès à l’information et la capacité d’action des civils semblent fortement entravés. Un étudiant basé à Téhéran a déclaré au *Guardian* que les autorités avaient de nouveau coupé l’internet. Il a décrit une capitale sous de lourds bombardements, où il devient « impossible de savoir quand, où et comment » protester ou se mobiliser, les rues se transformant rapidement en zones dangereuses. L’impossibilité d’identifier les positions des forces de l’ordre augmente les risques pour les « gens ordinaires ». Un autre témoignage, celui d’un étudiant kurde relayé via un parent à l’étranger, exprime la crainte d’être arrêté par les « agents du régime » en cas de tentative de fuite face aux bombardements, malgré les alertes reçues.

