Le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo a connu un tournant décisif et éprouvant ce lundi 1er juin. Cela s’est passé au Tribunal militaire de Yaoundé. La diffusion d’une vidéo montrant les derniers instants de la victime a bouleversé l’audience. Cela a provoqué une onde de choc parmi les avocats, les familles et les observateurs présents.
Une séquence d’une violence extrême qui sidère l’audience
Selon plusieurs témoins, la vidéo projetée sur un écran géant a révélé une scène d’une brutalité insoutenable. Me Simh, avocat, profondément marqué, a décrit une séquence montrant un homme supplicié, implorant ses bourreaux dans un état de détresse absolue. Il affirme que les supplications de la victime sont restées sans effet, renforçant l’horreur ressentie dans la salle. Selon les recoupements de l’accusation, la vidéo — dont la durée n’a pas été précisée — aurait été tournée à l’endroit où l’on a retrouvé le corps de Martinez Zogo.
Une salle sous le choc, des larmes et des regards détournés
Dans le prétoire a été décrite comme « transie d’émoi ». Plusieurs personnes ont éclaté en sanglots, incapables de supporter la violence des images. D’autres ont quitté la salle ou détourné le regard. « J’ai vu des femmes et des hommes en larmes », a confié Me Simh, visiblement bouleversé. Il a ajouté : « Je ne dormirai sûrement pas cette nuit. Comment des êtres humains peuvent-ils être capables d’une telle sauvagerie ? »
Des interrogations sur l’humanité des accusés
Au-delà de l’émotion, le témoignage de Me Simh soulève des questions sur la psychologie des auteurs présumés. « Comment font-ils pour rentrer chez eux, embrasser leurs enfants, après une telle besogne ? Ont-ils des parents ? », s’est-il interrogé. Ces réflexions, largement relayées, illustrent la sidération provoquée par la séquence.
Le procès, mené en huis clos partiel, doit établir les circonstances exactes de l’enlèvement, de la séquestration et de l’assassinat de Martinez Zogo, disparu en janvier 2023. Son corps avait été retrouvé en état de décomposition avancée. Et l’enquête avait rapidement mis en cause plusieurs membres des forces de sécurité et de l’administration.
Un procès crucial pour la vérité et la justice
L’assassinat de Martinez Zogo, journaliste d’investigation connu pour ses enquêtes sur la corruption, avait provoqué une onde de choc au Cameroun et au-delà. Le procès, ouvert en 2024, est suivi de près par les organisations de défense des droits humains et les syndicats de journalistes.
La projection de cette vidéo, bien que douloureuse pour les proches, constitue un élément de preuve majeur pour l’accusation. Les juges militaires devront désormais apprécier la responsabilité des prévenus à la lumière de cette séquence. « Les juges diront le droit des hommes », a conclu Me Simh, avant d’ajouter : « Le karma, la justice de Dieu, sera impitoyable. »

