Dans les années 1990, deux femmes, Alice et d’Élise Azar, proches de la Première dame camerounaise Chantal Biya sont décédées dans des accidents de la route à moins d’un an d’intervalle. Ces événements, entourés de zones d’ombre, impliquaient des personnalités du cercle présidentiel et continuent de susciter des interrogations.
Deux disparitions rapprochées dans le cercle présidentiel
En l’espace de onze mois, entre 1995 et 1996, deux amies intimes de la Première dame Chantal Biya ont trouvé la mort dans des accidents de la circulation. Ces décès ont frappé le cercle restreint du pouvoir camerounais de l’époque. La première victime, Alice, était l’épouse de Jean Fochivé, alors chef des services de renseignement. La seconde, Élise Azar, était l’épouse de Bonaventure Mvondo Assam, neveu du président Paul Biya. Les circonstances officielles de ces deux accidents n’ont jamais été pleinement élucidées, laissant place à des récits et des spéculations durables.
La mort d’Alice et le cri de Jean Fochivé
Alice, troisième épouse de Jean Fochivé, est décédée le 27 octobre 1995. Proche de Chantal Biya et de sa mère, sa mort a été officiellement attribuée à un accident de la route. Cet événement a publiquement affecté son mari, une figure réputée puissante et redoutée à la tête des services secrets. En 1997, lors d’une émission sur la télévision nationale, Jean Fochivé s’est effondré en larmes, déclarant : « Ils ont tué mon Alice ! Ils l’ont tuée ! ». Cette déclaration, largement rapportée, a marqué les esprits et alimenté les doutes sur la nature accidentelle de ce décès.
Élise Azar, une amie au rôle déterminant
Moins médiatisée qu’Alice, Élise Azar a pourtant joué un rôle clé dans l’histoire récente du Cameroun. Cette femme métisse et charismatique est celle qui, en 1993, a invité son amie Chantal Vigouroux (future Chantal Biya) à la célébration de l’anniversaire du président Paul Biya à Mvomeka’a. Cette rencontre serait à l’origine de la relation entre le chef de l’État et Chantal, qui est devenue Première dame le 23 avril 1994. Élise Azar est ainsi considérée comme ayant indirectement changé le cours des événements.
Des suites qui renforcent les mystères
Le 3 septembre 1996, moins de deux ans après le mariage présidentiel, Élise Azar est morte à son tour dans un accident de la circulation, dans des conditions décrites comme troubles. La série de décès s’est poursuivie peu après. Jean Fochivé et Victor Ayissi Mvodo, un autre haut fonctionnaire, sont décédés en 1997 à quelques semaines d’intervalle. Selon l’ouvrage Les révélations de Jean Fochivé de Frédéric Fenkam, les deux hommes s’étaient auparavant confié leurs doutes mutuels concernant les morts d’Alice et d’Élise Azar. Ces disparitions successives ont contribué à épaissir le mystère entourant les deux accidents initiaux.
Un héritage de questions sans réponses
Près de trois décennies plus tard, les décès d’Alice et d’Élise Azar restent des épisodes marquants et non élucidés de la vie politique et sociale camerounaise. Ils illustrent les zones d’ombre qui peuvent entourer des événements impliquant l’entourage immédiat du pouvoir. Malgré les déclarations publiques et les récits rapportés, aucune enquête officielle n’a, à ce jour, apporté de conclusions définitives venant dissiper les interrogations persistantes sur les circonstances exactes de ces deux tragédies.

