Dr Polain Nzobeuh, biologiste thérapeute camerounais, encourage ses compatriotes à privilégier l’huile de palme rouge locale. Déjà, son prix est bien inférieur à celui des huiles importées comme l’huile d’olive. Il dénonce un discours dominant qui, selon lui, présente l’huile de palme comme dangereuse pour la santé. Ce discours tend à vanter les huiles étrangères pour leurs bienfaits. Cette narration servirait des intérêts économiques visant à promouvoir les produits importés au détriment des ressources locales.
L’huile de palme a des arguments scientifiques avancés
Le Dr Nzobeuh fonde sa défense de l’huile de palme sur des arguments qu’il présente comme scientifiques. Il cite notamment les travaux d’u’un chercheur finlandais. Aubin Julius affirme qu’il est impossible de prouver l’existence d’une huile meilleure que l’huile de palme naturelle et non raffinée. Sa démonstration repose sur la densité nutritionnelle du produit :
- sa couleur rouge, due à une forte teneur en bêta-carotène (provitamine A),
- sa richesse en antioxydants et en tocotriénols, une forme puissante de vitamine E.
Il soutient que cette concentration en nutriments la rendrait plus bénéfique que des huiles plus claires et moins denses.
L’une des caractéristiques les plus critiquées de l’huile de palme – sa solidité à température ambiante – est présentée par le biologiste comme un atout majeur. Il explique que cette propriété unique parmi les huiles végétales est due à une structure lipidique riche en acides gras. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle ces graisses solides boucheraient les artères, il affirme qu’elles fourniraient au contraire les éléments nécessaires à la construction de membranes cellulaires solides et saines. Cette solidité serait donc le signe d’une richesse en énergie et en nutriments pour l’organisme.
Pour le Dr Nzobeuh, la mauvaise réputation de l’huile de palme ne serait pas fondée sur la science, mais sur des stratégies commerciales. Il avance que les régions productrices d’huile d’olive, comme l’Espagne, l’Italie ou la Grèce, auraient intérêt à promouvoir leur produit sur les marchés africains. Diaboliser l’huile de palme, un “trésor national” selon ses termes, pousserait ainsi les consommateurs à délaisser une ressource locale et abordable au profit d’alternatives importées et plus coûteuses. Son discours s’inscrit dans une volonté de revalorisation des produits du terroir camerounais.

