Le gouvernement camerounais a lancé la construction d’une nouvelle unité industrielle de broyage de cacao dans le Littoral. Cette inauguration intervient dans un contexte où le pays affirme transformer localement plus de 80% de sa production, un taux présenté comme inédit.
Pose de première pierre à Baré-Bakem
Une cérémonie de pose de première pierre s’est tenue le 27 février 2026 à Baré-Bakem, dans le département du Moungo (Région du Littoral). Elle marque le début des travaux de la future usine de broyage et de transformation des fèves de cacao de la société Samen Industry S.A, propriété de l’investisseur camerounais Patrice Samen. L’événement était présidé par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et son homologue de l’Agriculture et du Développement Rural, Gabriel Mbaïrobe.
Un taux de transformation locale présenté comme un “record”
Lors de son intervention, le ministre du Commerce a mis en avant les performances de la filière. Il a indiqué que le Cameroun transformait désormais localement plus de 80% de sa production cacaoyère, un chiffre qu’il a qualifié de “record mondial”. Cette part dépasse largement l’objectif initial de 40% de transformation locale qui avait été fixé. Selon les données fournies, la capacité installée de transformation du pays dépasse les 250 000 tonnes, pour une production commercialisée d’environ 300 000 tonnes lors de la dernière campagne.
Une nouvelle unité pour renforcer l’édifice industriel
La nouvelle usine de Samen Industry S.A, d’une capacité annuelle de 32 000 tonnes de fèves, s’inscrit dans cette dynamique d’expansion. Le gouvernement y voit une consolidation de l’industrialisation de la filière, une politique menée depuis plusieurs années et alignée sur la Stratégie Nationale de Développement (SND30) ainsi que sur la politique d’import-substitution prônée par le Chef de l’État, Paul Biya.
La valeur ajoutée locale au cœur des priorités
Au-delà des chiffres, les autorités ont insisté sur la philosophie de cette industrialisation. Luc Magloire Mbarga Atangana a souligné la nécessité que la valeur ajoutée créée localement bénéficie à l’ensemble de la chaîne, “et en premier lieu à ceux qui en constituent le maillon le plus vulnérable, les producteurs”. Il a pointé “l’évolution erratique des marchés internationaux” et “l’opacité chronique” du négoce des matières premières, présentant la transformation locale comme un rempart contre cette volatilité.
Un appel à l’ouverture du capital aux producteurs
Le ministre du Commerce a également lancé un appel aux industriels du secteur. Il les a invités à “ouvrir le capital de leurs entreprises aux coopératives de producteurs”. Cette mesure viserait à permettre aux planteurs de participer directement aux bénéfices de la transformation et de s’affranchir davantage des aléas des cours mondiaux.

