Les États-Unis ont expulsé une ressortissante marocaine membre de la communauté LGBTQ+ non pas vers son pays d’origine, mais vers le Cameroun, où elle n’a aucun lien. Cette décision rare et controversée soulève de graves questions sur les procédures d’expulsion et les risques encourus par la personne concernée.
Cette jeune femme marocaine a récemment été placée en détention par les services américains de l’immigration (ICE) avant d’être expulsée. Le fait notable est que sa destination finale n’était pas le Maroc, son pays de nationalité et d’origine, mais le Cameroun. Les rapports indiquent qu’elle n’a aucun lien familial, aucune citoyenneté et aucun antécédent de résidence connu dans ce pays d’Afrique centrale.
Une procédure rare et périlleuse
Si l’ICE utilise parfois des pays tiers pour les expulsions en vertu d’accords internationaux, envoyer une ressortissante marocaine au Cameroun est décrit comme un cas extrêmement rare. La situation est aggravée par le profil de la personne. Identifiée comme homosexuelle, elle appartient à une communauté qui, selon les groupes de défense des droits humains cités, fait face à des persécutions légales et sociales significatives aussi bien au Maroc qu’au Cameroun. Ces organisations estiment qu’une telle expulsion vers un pays sans réseau de soutien et où son identité pourrait la mettre en danger pourrait violer le principe international de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la persécution.
Erreur “algorithmique” ou procédurale ?
Cette affaire met en lumière les défaillations possibles au sein des vastes agences fédérales américaines. Des défenseurs des droits tentent de déterminer s’il s’agit d’une simple erreur administrative ou d’une décision politique délibérée, bien qu’inexplicable. Une analyse juridique relayée par La Nouvelle Tribune pointe “un dysfonctionnement dans les protocoles de vérification de base du processus d’éloignement”, étant donné l’absence totale de lien géographique ou culturel entre l’expulsée et le pays de destination.
Une personne en situation de grande vulnérabilité
Pour la femme concernée, dont l’identité est protégée, la situation est critique. Elle se retrouve étrangère et potentiellement en danger au Cameroun, loin des protections juridiques qu’elle cherchait peut-être aux États-Unis. Alors que l’histoire gagne en attention internationale, les autorités américaines sont pressées de fournir des explications officielles sur les raisons ayant conduit à cette expulsion vers le Cameroun et sur les mesures envisagées pour garantir la sécurité de la personne.

