Roger Belinga, ex-patron de la Société immobilière du Cameroun (Sic), et Gérard Ondo Ndong, ancien directeur du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), ont recouvré la liberté. Leur peine de vingt ans d’emprisonnement, prononcée dans le cadre de l’Opération Épervier, est arrivée à son terme.
Roger Belinga et Ondo Ndong, une libération après purge de la peine
Les portes du système pénitentiaire camerounais se sont ouvertes pour Roger Belinga et Gérard Ondo Ndong. Leur libération intervient après qu’ils ont purgé l’intégralité de leur peine de vingt ans de prison. Cette peine avait été prononcée pour des faits de détournement de fonds publics. Aucune mesure de clémence, telle qu’une grâce, n’est à l’origine de leur remise en liberté, mais bien l’accomplissement de la durée de leur condamnation.
À l’apogée de leur carrière, les deux hommes étaient des piliers de l’élite administrative. Roger Belinga dirigeait la Société immobilière du Cameroun (Sic), tandis que Gérard Ondo Ndong était à la tête du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom). Deux institutions clés pour le logement et le développement local. Leur arrestation et leur condamnation avaient envoyé une onde de choc dans le paysage politique. Ils figuraient parmi les premières cibles de grande envergure de « l’Opération Épervier » (Operation Sparrowhawk), la vaste campagne anti-corruption lancée par les autorités au milieu des années 2000 pour s’attaquer aux détournements de fonds au plus haut niveau de l’État.
Un épisode judiciaire marquant qui s’achève
La libération de ces deux anciens hauts responsables marque la conclusion d’un chapitre long et très médiatisé de l’histoire judiciaire camerounaise. Pour leurs familles et leurs soutiens, cet événement met fin à une attente de vingt ans. Une durée qui représente une génération et pèse lourdement sur la vie privée. Pour le public, cet épisode rappelle une période marquée par d’importants scandales financiers et les vastes opérations de répression judiciaire qui ont suivi. L’atmosphère entourant leur sortie de prison a été décrite comme empreinte d’une « intensité tranquille ».
Un symbole des complexités de la gouvernance
Le parcours de Roger Belinga et Gérard Ondo Ndong reste un symbole des complexités de la gouvernance et de la lutte contre la corruption au Cameroun. Leur incarcération avait été présentée à l’époque comme un avertissement sévère à la classe dirigeante. Aujourd’hui, leur retour à la vie privée, strictement encadré par la loi, amène l’opinion publique à s’interroger sur l’impact réel de telles condamnations sur la culture de transparence dans le secteur public.

