À Penka Michel, dans la région de l’Ouest du Cameroun, des habitants interpellent publiquement leur commune sur sa gestion. Ils pointent du doigt l’état dégradé des infrastructures et l’opacité budgétaire, ce qui remet en question l’action de la municipalité. Cette commune est dirigée par le même maire depuis plus de deux décennies. Cette situation relance le débat sur l’effectivité de la décentralisation dans le pays.
Des infrastructures dégradées qui alimentent la colère des habitants
Le mécontentement des populations se cristallise autour de l’état désastreux des voiries. L’axe principal reliant l’hôpital à la sous-préfecture,en est un exemple. Pourtant bitumé initialement grâce à une initiative privée, il est aujourd’hui décrit comme impraticable. Face à l’inaction perçue de la mairie, des vétérans qui cotisent de leurs poches pour tenter des réparations partielles. Les contribuables évoquent un manque de transparence dans la gestion des finances locales, notamment sur les dépenses liées aux voiries et aux équipements publics.
Le cas Penka Michel en paradoxe entre potentiel local et développement communal
Au-delà des routes, les critiques portent sur le manque de soutien aux services essentiels. Selon plusieurs habitants, les écoles des quatre groupements de l’arrondissement ont un manque criard de bancs. Aucune n’aurait bénéficié de dons en bancs ou en tôles de la part de la commune. En dehors de la construction récente d’un complexe municipal, les populations affirment qu’aucun grand projet structurant n’a été réalisé depuis plus de vingt ans. L’accès à des services aussi fondamentaux que la sous-préfecture, l’hôpital et la mairie elle-même est rendu difficile par la dégradation des routes, un symbole fort pour la population. Pour de nombreux habitants, l’absence de projets structurants depuis plus de vingt ans illustre une gouvernance locale jugée inefficace.
La situation est perçue comme un paradoxe. Cet arrondissement est souvent cité comme le berceau de plusieurs grandes fortunes camerounaises. Il a donc un potentiel économique et humain certain. Pourtant, ce dynamisme d’une partie de son élite contraste avec l’image d’une commune jugée invisible dans ses réalisations. Cette dichotomie alimente la frustration des résidents, qui estiment que la collectivité locale ne remplit pas ses missions de base. On parle de : entretien des voiries, gestion des écoles, délivrance des actes administratifs ou dynamisation de l’économie locale.
Une interpellation qui relance le débat sur la décentralisation
L’interpellation de Penka Michel pose une question plus large sur la mise en œuvre effective de la décentralisation au Cameroun. L’État transfère certes des compétences. Les mairies disposent-elles véritablement des moyens et de la volonté politique nécessaires pour les assumer pleinement? Cette situation met en lumière les limites de la décentralisation, souvent critiquée pour son manque de moyens et de redevabilité.

