Quatre journalistes, dont des professionnels de l’Associated Press et un collaborateur de la BBC, ainsi qu’un avocat, ont été interpellés le 18 février 2026 à Yaoundé. Ils tentaient d’accéder à un centre de rétention présumé. Leur matériel a été saisi, suscitant l’inquiétude des défenseurs de la liberté de la presse.
L’arrestation s’est produite le 18 février 2026 dans la capitale politique camerounaise, Yaoundé. Quatre journalistes et un avocat, qui tentaient d’accéder à un centre où seraient détenus des migrants, ont été interpellés par la police judiciaire. Parmi les journalistes figuraient trois professionnels de l’agence Associated Press (un reporter, un vidéaste et un photojournaliste) et un journaliste indépendant collaborant avec la BBC, Randy Joe Sa’ah. L’avocat camerounais Joseph Awah Fru, qui représente plusieurs migrants concernés par ce dossier, a également été arrêté.
Tous ont été conduits au siège de la police judiciaire, interrogés séparément et retenus pendant plusieurs heures avant d’être libérés le même jour. Selon des témoignages concordants rapportés dans le résumé source, un journaliste aurait été giflé durant l’opération.
Saisie des équipements et inquiétudes pour la liberté de la presse
Bien que relâchés sans qu’aucune charge officielle n’ait été annoncée à ce stade, les professionnels ont vu leurs équipements confisqués par les autorités. Leurs téléphones, ordinateurs et matériel audiovisuel ont été saisis, les autorités évoquant la capture d’« informations sensibles ». Cette confiscation préoccupe fortement les organisations de défense de la liberté de la presse, qui y voient un obstacle au travail d’enquête.
Le cœur de l’enquête : des migrants expulsés des États-Unis vers le Cameroun
Cette interpellation est liée à une enquête sur la présence présumée de migrants expulsés des États-Unis et retenus sur le territoire camerounais. Selon plusieurs enquêtes internationales, dont une du *New York Times* publiée le 14 février 2026, un complexe sécurisé à Yaoundé servirait de centre de rétention pour ces migrants.
Le dossier est considéré comme sensible car, selon ces révélations, aucun des migrants concernés ne serait camerounais. Beaucoup disposaient de protections judiciaires aux États-Unis, ce qui empêchait normalement leur renvoi vers leur pays d’origine en raison des risques de persécution. Leur transfert présumé vers le Cameroun soulève donc d’importantes questions juridiques et diplomatiques, au cœur des investigations menées par les journalistes interpellés.

