Un projet de loi a été déposé à l’Assemblée nationale pour forcer la prorogation du mandat des députés. Initialement prévu pour expirer le 31 mars 2026, le mandat se poursuivra jusqu’au 20 décembre 2026. Cette mesure viserait à alléger la charge financière que représentent des élections législatives pour le budget de l’État. L’analyste Dieudonné Tedjisse a vivement critiqué cette décision lors de son passage sur le plateau de l’émission CANAL PRESSE.
Cette prorogation serait l’indice d’un gouvernement « sourd » qui n’écoute pas la voix du peuple. Il a rappelé que le pays sortait d’une élection présidentielle, un moment où, selon lui, « le peuple a parlé avec toutes les conséquences que cela a entraîné ». Cette extension du mandat parlementaire serait donc, dans son analyse, un aveu d’incapacité à répondre aux attentes fondamentales des Camerounais.
Une stratégie de prorogation du mandat jusqu’à l’impasse ?
Dieudonné Tedjisse a émis l’hypothèse que cette prorogation s’inscrirait dans une logique d’évitement. Il a déclaré que, par peur de l’avènement d’un éventuel deuxième tour lors d’élections législatives et « de toutes les conséquences que cela peut entraîner », les autorités s’engageraient dans une série de reports. « Ils vont proroger jusqu’à un moment donné ils seront dos au mur et il n’y aura plus d’autres issues », a-t-il prédit.
La situation met en lumière une tension entre deux impératifs. Le gouvernement invoque la rationalisation des dépenses publiques et la nécessité de préserver les finances de l’État. De l’autre, les critiques, comme celle portée par Dieudonné Tedjisse, pointent du doigt un possible déficit démocratique. C’est aussi cette tendance à contourner le processus électoral normal qui irrite.
Les implications pour le calendrier politique
Cette prorogation reporte mécaniquement la tenue des prochaines élections législatives. Elle a pour effet immédiat de forcer le peuple à accepter des représentants ayant dépassé leur mandat initial. On peut étendre la notion jusqu’à dire que ces députés jouissent d’une nomination de la part du gouvernement. On serait clairement en situation de hold-up politique d’autant plus que c’est bien la deuxième fois que cela survient. Le peuple est empêché de choisir son destin et ceux qui vont les diriger.

