Christelle Mirabelle Lingom, injustement accusée, puis violée, est morte inutilement


Quelle histoire que celle de Christelle Mirabelle Lingom. Sa vie a totalement basculé du jour au lendemain lorsqu’elle a été accusé d’avoir tourné dans un sextape avec l’influenceur Paul Chouta qui attendait dans les geôles de Nkondengui, la sentence de son procès contre Calixte Beyala.

Pour faire court, une autre histoire de moeurs impliquant le journaliste et patron de média Martin Camus Mimb faisait les choux gras de la presse. Certains estiment que c’est pour créer un autre feu médiatique que des puissants de la République auraient imaginé un scénario pour distraire le public et détourner l’attention de l’opinion sur le sujet.

Christelle Mirabelle Lingom est une pauvre fille, orpheline de père et qui prend en charge sa mère souffrante. Son profil sied bien à celle qui ne peut se battre pour faire valoir ses droits, n’ayant ni attache, ni soutien.

Suite à la diffusion de ladite sextape impliquant Paul Chouta, les bourreaux de cette pauvre fille l’ont désignés comme étant la fille en question.

Ses multiples démentis, ainsi que ceux de Chouta n’y changeront rien. Une vaste entreprise médiatique s’est mise en place pour l’abrutir. Que ce soit par l’intermédiaire des intimidations, des menaces, avant qu’elle ne soit droguée puis violée en juillet dernier par des inconnus.

Rencontré par le media griote.tv, elle a raconté le cauchemar dans lequel elle vivait depuis lors:

Le viol…

Le film de l’agression de Christelle Mirabelle est digne du scénario d’un thriller Nollywoodien. Pour faciliter sa mobilité, la jeune dame de 25 ans segmente son parcours entre sa maison et son lieu de travail. Elle emprunte une moto pour Rhône Poulenc dans le 5ème arrondissement de la ville de Douala, ensuite  emprunte une autre pour l’Essec. Christelle Mirabelle travaille à Kotto Village et pour les habitants de cette zone, il n’est pas aisé de s’y mouvoir.

«J’ai emprunté une deuxième moto disant que je ne voulais pas me faire bâcher. Il est passé par rond-point Petit Pays je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite… Je sais juste que j’ai ressenti une forte odeur … et je me suis retrouvée par terre vers le collège Bénédicte».

L’agression sexuelle de Christelle se déroule aux environs de 22H 30, ayant été droguée avant le crime, elle se réveille vers 1h du matin, est secourue par des inconnus qui l’allongent sur le banc d’un café, avant d’appeler son frère à  4h du matin. Elle avait alors légèrement recouvré la mémoire.

C’est ainsi qu’une plainte va être déposée contre inconnu.

Le début de l’histoire

Pendant que l’affaire de mœurs de Malicka Bayemi bat son plein, certains veulent détourner l’attention de l’opinion sur le sujet, ainsi ont-ils inventé de toutes pièces une histoire impliquant une jeune femme sans force, étant orpheline de père et s’occupant elle-même de sa maman malade. Ils ont profité de la diffusion d’une sextape de l’influenceur Paul Chouta pour désigner Christelle comme étant sa victime.

«Mon ex petit ami Julien Bapès Bapès  m’avait contactée … il a demandé si je tourne déjà les sextapes avec les journalistes, après il a demandé que je porte plainte. Au début je pensais que c’est une blague, j’ai d’abord commencé à rire. Après je dis que mais, tu es sérieux ou quoi ? Tu as été mon ex mais je constate que tu ne m’as jamais connue réellement quel gâchis… Une semaine après, il fait un screenshot qu’une artiste a dit qu’elle va également me soutenir.».

Mais le petit ami en question ne s’arrête pas là, avec ses amis ils inventent une interview qu’ils attribuent à Christelle Mirabelle.

«Il faut préciser que c’est mon ex petit ami Julien Bapès qui donne l’information me concernant à Jean Louis Batoum qui se présente à moi comme étant de la société civile. Ils se sont mis ensemble avec Clotaire Nguedjo, Poutine Le Lion pour monter une interview sans toutefois vérifier l’information.», déclare la victime.

Dans cette entrevue fictive, la voix assignée à Mirabelle fait des déclarations graves, à la limite de la pudicité.

«Dans la vidéo on dit que c’est Paul Chouta qui m’a appris la sodomie. Que Dieu me pardonne, je ne juge pas, à chacun sa vie, mais il y a des choses que je ne peux pas faire… Pourquoi moi ?».

Quelques temps après ce tourbillon, la jeune femme décide de donner sa version des faits, elle prend le soin de préciser qu’elle n’est mêlée ni de près ni de loin à cette affaire, ce que corroborre Paul Chouta. Ainsi l’y accompagne le journaliste Gérard Kuissu et des plaintes sont déposées contre les protagonistes.

Meurtrie, blessée dans sa chair…

«J’ai même failli aller à la pharmacie pour demander un truc pour mettre un terme à ma vie … peu de temps après quand j’aillais sur mon compte Facebook, je recevais des insultes donc j’étais vraiment anéantie … je n’avais pas de voix.».

Julien Bapès Bapès a nié être associé à cette cabale contre Christelle Mirabelle Lingom, mais elle reste convaincue qu’il est l’artificier de ce bad buzz et réclame justice.

Ce 6 septembre, la malheureuse est morte à l’hôpital de la Cité des Palmiers après avoir ressenti des douleurs dans le ventre. Son grand-frère pense que c’est une mort suspecte.

«La mort de Mirabelle vient à partir de son viol. La drogue qu’on lui avait fait ingurgiter était certainement accompagnée du poison. Il savait que c’était un poison lent qui devait agir bien après. La mort l’a prise subitement. Elle n’était pas mourante à l’heure où elle m’a informé qu’elle va à l’hôpital», explique t-il.

«Mirabelle ne pouvait pas se suicider» …

Il y a de cela deux semaines, la défunte a fait savoir à son frère qu’elle avait des petites douleurs dans le ventre. Il lui a naturellement conseillé de prendre quelques potions traditionnelles pour calmer la douleur. Pour lui, rien ne laissait croire que ce mal devait l’emporter.

«J’ai demandé qu’elle consomme le roi des herbes avec du sel, parce que généralement c’est ce qui calme les douleurs dans le ventre. Et puis je lui ai donné de l’argent pour aller à l’hôpital au cas où cela persistait. Mais je ne sais pas si elle est allée à l’hôpital cette semaine-là, j’étais toujours en contact avec elle, mais elle ne se plaignait plus de ce mal. Donc même si elle ne se sentait pas toujours bien entre temps, ce n’était pas grave, sinon elle m’aurait informé», rajoute-t-il.

Le jour où la jeune femme victime d’abus sexuel et d’injustice décède, elle a d’ailleurs fait son ménage au petit matin et a dialogué avec son bailleur et devant lui rien ne laissait voir qu’elle était malade.

«J’ai rencontré son bailleur  et il m’a dit qu’elle a fait le ménage ce matin (le jour où elle décède) et ils ont même échangé entre eux. Bien qu’elle ressentait une douleur dans le ventre, elle ne présentait pas les signes d’une personne qui allait mourir les heures suivantes. Lui-même, il n’a pas constaté qu’elle était malade», nous dit-il.

C’est aux environs de 11h qu’il reçoit un appel de la défunte où elle l’informe qu’elle va se rendre à l’hôpital pour se faire consulter, car son mal persistait. Même dans la voix de Mirabelle, il dit n’avoir rien constaté d’étrange. C’est une fois   à l’hôpital que le mal devient atroce. Son frère reçoit un appel vers 14h et on lui annonce que Mirabelle est dans un état critique. Il arrive et trouve la jeune femme couchée.

«Au téléphone avec le médecin j’entends comment elle était en train de crier. J’ai eu peur et j’ai pris directement une moto pour l’hôpital de la cité des palmiers. Quand j’arrive, je trouve Mirabelle couchée dans un état très délicat».

Serait-t-elle morte des suites de négligence médicale ?

Affirmatif, si l’on s’en tient aux propos de son grand frère appelé à son chevet. Mirabelle s’est rendue à l’hôpital de la cité des palmiers pour se faire soigner. Selon son frère, le médecin qui avait la charge de prendre soin d’elle l’a abandonnée.

«J’ai trouvé Mirabelle couchée sur le lit, la tête pendante vers le sol, et je suis allé voir le médecin, pour lui demander comment vous pouvez laisser ma sœur comme ça ? je suis allé voir le directeur de l’hôpital de la cité des palmiers, malheureusement il n’était pas là. Sa secrétaire m’a dirigé chez le surveillant. C’est où on va voir ma sœur. Lorsqu’on arrive dans sa salle, elle est toujours dans la même position. Elle avait fait les selles partout sur elle. Il m’a demandé d’aller lui trouver les vêtements de rechange, ce que j’ai fait. Quand je reviens, elle est dans la même position. Je me disais qu’elle était en vie alors qu’elle était déjà morte depuis».

Mirabelle meurt d’une mort trouble. L’on ignore encore l’origine de ce décès, même si sa famille soupçonne un empoisonnement et la négligence médicale. Elle a été une victime de trop d’injustice en l’espace de 3 mois, elle était loin de se donner la mort selon son frère. Elle avait le soutien des avocats et même des activistes qui avaient pris cette situation à bras le corps.

Les obsèques sont prévues pour le 17 septembre 2021 et sa famille invite les âmes de bonne volonté à les aider à inhumer Mirabelle dans la dignité.

Avec Griote.tv