L’annonce d’un projet de révision constitutionnelle au Parlement camerounais suscite des critiques quant à sa légitimité. Me Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du parti HÉRITAGE, conteste la capacité des députés actuels à mener une telle réforme. Il estime que toute modification fondamentale de la Loi fondamentale devrait passer par une consultation directe du peuple.
Une révision aux enjeux présumés
Selon Me Ntimbane Bomo, un texte modifiant la Constitution serait en préparation pour examen par le Parlement siégeant en Congrès. Bien que le contenu exact ne soit pas officiellement détaillé, l’avocat indique que cette révision viserait des aspects
« vitaux du fonctionnement des institutions et les conditions d’alternance à la tête de l’Etat ».
Des sources évoquent notamment l’introduction potentielle d’un poste de vice-président de la République. Cette modification toucherait ainsi aux modalités d’accession à la présidence.
Le principe de légitimité populaire invoqué
L’argument central de l’avocat repose sur la nature du pacte constitutionnel. Il rappelle que la Constitution en vigueur, celle du 2 juin 1972, a été adoptée par référendum. Cela impliquait ainsi l’ensemble du peuple camerounais. Pour Me Ntimbane Bomo, une révision qui en altère les fondements, notamment sur la question présidentielle, exige un « parallélisme des formes ». Il soutient qu’un changement d’une telle importance nécessite l’implication de la nation, soit directement par référendum. Ou encore indirectement par l’intermédiaire de ses représentants légitimement élus. Il cite à l’appui une phrase attribuée à Nelson Mandela :
« tout ce qui est fait pour nous, sans nous, est contre nous ».
Nelson Mandela
La critique se focalise sur la composition actuelle de l’Assemblée Nationale. Me Ntimbane Bomo affirme que les députés appelés à statuer sur cette révision « ne sont plus des élus » au sens strict. Il avance qu’ils « jouissent des mandats prorogés par décision administrative et réglementaire du Président de la République, et par leur propre résolution ». Cette situation découlerait de la prolongation exceptionnelle des mandats parlementaires, intervenue dans un contexte où les élections législatives ont été reportées. Pour le président d’HÉRITAGE, un Parlement dont le mandat a été étendu par ces mécanismes n’a pas la légitimité démocratique pour réviser la Constitution à la place du peuple souverain.
Un appel à la responsabilité des institutions
Dans sa conclusion, Me Christian Ntimbane Bomo lance un appel solennel au président de la République. Il le désigne comme le « gardien de cette Constitution ». Et l’exhorte à « éviter l’usage des entourloupes de cette nature, pour modifier la Constitution du Cameroun, sans le peuple camerounais ».

