Normalisation des masques : les artisans invités à produire en qualité

Les masques de protection ne doivent pas avoir de coutures verticales ou transversales sur la façade. Ils doivent être doublés et faits à partir de tissus 100% coton. Ces indications sont celles du ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Gabriel Dodo Ndoke, qui s’adressait ainsi aux promoteurs d’ateliers de production de masques à Yaoundé, mercredi dernier. C’était au cours d’une visite initiée par Achille Bassilekin III, ministre des petites et moyennes Entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat. La descente sur le terrain visait à encourager ces organisations artisanales qui contribuent à la lutte contre le Covid-19. Les deux membres du gouvernement ont fait une première escale dans les ateliers de l’honorable Rose Cecile Epondo Fouda. L’atelier de couture y a réorienté sa production vers la confection des masques. Ici, 500 exemplaires sont produits par une dizaine d’ouvriers au quotidien. La principale difficulté que rencontre la structure, déplore le chef d’entreprise, est « le manque de matières premières de qualité sur le marché, notamment le tissu 100% coton». Une préoccupation à laquelle a répondu le ministre Gabriel Dodo Ndoke. « La priorité de la Cicam en cette période est la commercialisation de la matière première pour la confection des masques. Elle s’attèle désormais à mettre sur le marché du tissu 100% coton », a expliqué le ministre.

S’en est suivie la visite des locaux d’une petite entreprise au lieu-dit Carrefour Cradat. Spécialisée dans la promotion de l’éducation à travers les Tic, les jeunes ingénieurs ont réorganisé leur activité. Ils produisent désormais des masques en tissu pagne, le temps de la riposte au Covid-19. L’équipe constituée d’une trentaine de personnes est organisée à la chaîne, en fonction des tâches à faire : coupe, couture, packaging et commercialisation. « Nous produisons 4 000 masques par jour, depuis samedi dernier. Ils sont lavables et peuvent être utilisés même après 100 lavages », révèle le promoteur de la structure, Franck Ngarintcha. Problème cependant, a relevé le ministre en charge des industries : l’utilisation de tissus non appropriés et les coutures transversales. « Les coutures facilitent l’infiltration du virus. Car au fil des lavages, les coutures s’écartent. Il en est de même pour les autres tissus. C’est pourquoi il faut utiliser du 100% coton », a expliqué le directeur général de l’Agence des normes et de la qualité, Charles Booto à Ngon. Il en a profité pour inviter tous les fabricants de masques à prendre connaissance des normes camerounaises en matière de qualité, récemment adoptées par l’Anor.