Détention et vente illégale de chloroquine : des établissements de santé scellés

Au centre médical Saint Etienne de Biyem-Assi à Yaoundé, tout est fermé depuis mercredi en fin d’après-midi. Le personnel est en chômage technique. Les malades devront voir ailleurs. Hier matin, ils l’ont compris à leurs dépens, alors qu’ils venaient, par dizaine, soit pour une consultation, soit pour passer des examens. Des scellés ont été apposés la veille sur le portail qui donne dans l’enceinte de la structure hospitalière. « Un véhicule, avec à son bord des gendarmes et un représentant du sous-préfet de Yaoundé VI, est arrivé ici aux alentours de 16h30. Ils ont fait sortir les malades encore sous perfusion et fait partir le personnel qui s’y trouvait », relate Martin Metangmeken, directeur du centre médical.

Cet établissement de santé fait partie des quatre structures, dont deux centres de santé et deux pharmacies, frappées d’une mise sous scellés, du ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda. En ce qui concerne le centre médical Saint Etienne, trois motifs sous-tendent sa fermeture : exercice illégal de la pharmacie, détention et vente illégale de chloroquine falsifiée, sans autorisation. Le directeur du centre ne  reconnait pas les faits qui lui sont reprochés. « Nous avons eu le contrôle d’une équipe mixte du ministère du Commerce et du Minsanté le 30 mars. Ils ont trouvé de la plaraquinine qu’ils ont soupçonnée d’être de la chloroquine. Nous ne vendons pas de chloroquine ici. Par ailleurs, nous avons une propharmacie ici depuis toujours, comme cela est prévu dans les textes pour les centres médicaux », se désole Martin Metangmeken, occupé à renvoyer vers l’hôpital de district de Biyem-Assi, tous les patients venus se faire consulter ou soigner. Dans la même situation, un autre centre de santé, « Horizons Santé », se trouve dans la même situation.

En ce qui concerne les pharmacies, les motifs diffèrent. A la Pharmacie de la Foi, située au quartier Odza, mise sous scellé pour 30 jours, il est reproché l’absence de pharmaciens aux heures d’ouverture, la vente de chloroquine falsifiée sans autorisation, sans ordonnance et à titre préventif. La pharmacie « Le Bon berger » à Nouvelle route Omnisports écope de la même sanction pour vente de chloroquine falsifiée, sans autorisation, et approvisionnement chez un fournisseur non agréé. Sur le terrain, l’autorité administrative se charge de l’application de ces sanctions.